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La génération Hip Hop
Sans la musique des Afro-Américains, la vie aurait été d’un drabe navrant ; ils ont transcendé l’esclavage et le ségrégationnisme, en nous gratifiant de la meilleure musique populaire de l’histoire. On pense au rock, blues, R&B, funk, Motown, rag et jazz. Le hip-hop est tout aussi musicalement unique, c’est le contenu lyrique qui, plus souvent qu’à son tour, étonne...
Le mouvement hip-hop n’est pas monolithique, mais, son image pop l’est; elle fascine. Sa domination sur les jeunes paraît totale. Sa portion la plus visible (les vidéo clips) s’avère pourtant une faillite à saveur d’obscurantisme. C’est la glorification des gangs de rue, doublée d’une misogynie crasse qui blesse. La déchéance intellectuelle y semble rampante. Money & bitches, that’s all, mofo!
Nous sommes loin des dénonciations et revendications de Malcom X, Luther King ou des initiateurs du mouvement tel que Public Enemy (www.publicenemy.com). Heureusement, certains continuent l’apostolat de conscientisation politique. (www.guerrillafunk.com, www.hiphopconvention.org/ et www.hsan.org Au Québec, Loco Locass ne donne pas sa place www.locolocass.net.
Que les jeunes blancs soient omnibulés par la croissance gnochonne et bassement mercantile du mouvement, souligne le vide culturel dans lequel ils marinent ! Les médias sont juste…trop forts ! Les victimes de la mode sont incapables de se défendre contre le mirage de l’individualité factice. Je veux un tatou, un piercing ou un basquet griffée pour clamer ma différence…comme tout le monde !
Le mouton a toujours la cote. L’appartenance au troupeau a beau sécuriser, il demeure désolant de constater que le prêt à penser, tel que colporté par les corporations, est aussi goulûment avalé et digéré par le soi disant "vrai monde". Il y a 15% d’analphabètes et 30% de décrochage au Québec. Sure is giving me da blues !
Go Nu Skool Dog !
Les musiciens, qui ignorent les avancements technologiques, le font au risque de rapidement devenir obsolètes.
La démocratisation des outils de création musicale a, bien sûr, engendré des effets pervers. Plus il est facile de créer, plus n’importe qui s’improvise artiste. L’arrivée du synthétiseur a engendré le syndrome de la toune à deux doigts. Une couple de vielles tables tournantes et zouke-zouke zouke; l’ère hip-hop est lancée. Je ne pose pas de jugements de valeur, je décris tout simplement le va et vient du balancier au gré des outils de création, à la mode.
L’emphase, sur le visuel engendré par MTV et ses clones, a aussi contribué à une paupérisation de la musique pop. Les valeurs intrinsèques à la création musicale, telles richesse des lignes mélodiques, harmonies et dextérité des instrumentistes ont été remplacées par le bizouillage de sampling. Je suis le premier à plancher sur ces puissants logiciels dont l’incontournable Acid http://mediasoftware.sonypictures.com/products/acidfamily.asp .
Le Karaoké: la cause de tous les maux !
Les braillards de balades et les disco queen de garage pourront s’éclater dans leur salon, sans nous faire souffrir de leurs illusions de grandeur à la télé. Ce n’est pas rien! Mise à part, l’espoir d’être grassement payé pour être idolâtrer, le phénomène Karaoké est, probablement, en grande partie responsable de la vague monstrueuse de prétendants au firmament des étoiles du showbiz. Le virus de la notoriété est méchamment pathogène.
S’ensuit une parade de personnalités vite fanées, issues de sondages en temps réel et sacrifiées à l’autel de la variété et des consortiums médiatiques, qui fabriquent et utilisent les vedettes comme des kleenex. Faut dire que l’on alimente ce genre d’espoir, plutôt que de publiciser les statistiques de l’Union des Artistes démontrant que vivre de son art, au Québec, relève de l’exception. Personne ne veut assumer le rôle de rabat-joie et mettre en doute le sacro-saint: Si tu y crois assez, ça arrivera!
Qui va tuer la création musicale? Qui, par soif d’attention ou par cupidité aveugle sera l’architecte de sa propre destruction? L’artiste lui-même, l’amateur cannibale ou le conglomérat ? Chante-moi une toune, pendant que j’y pense…
Le show-biz comme religion
L’attrait pour le star système est indéniable. Une partie du public évolue dans une représentation médiatique de la réalité, en vivant par procuration dans un univers qui lui semble inaccessible. Si le phénomène vous intéresse, la star de l’anti-mouvement est Cintra Wilson. Son bouquin, A Massive Swelling, décape en plus d’être tordant (www.cintrawilson.com).
En proie à l’hémorragie MP3, l’industrie musicale connaît un rendement négatif de 23%, depuis 3 ans. Les vedettes, comme les dieux et déesses de l’antiquité, se battent pour devenir le centre de votre attention; tous les moyens sont bons pour déloger les prétendants au trône. Parle de moi en bien ou en mal, mais parle de moi mon chou! En fait, les célébrités ont compris que pour avoir l’air cool, il fallait, désormais, s’intéresser aux jeux. On apprend donc que le jeu favori de Julia Roberts est Halo. C’est quasiment intéressant! À quand le titre ludo-éducatif : ''Apprenez le Français avec Wilfred '' ?
Le jeu du star système
Le piège social, du syndrome de la vedette, se referme encore plus sur ses victimes, avec la parution de Sims Superstar. Vous croyez avoir l’âme d’un acteur, musicien ou top modèle? Vous apprendrez, rapidement, qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Il vous faudra concocter et peaufiner des amitiés avec les vedettes du jour et garder vos relations avec vos fans au beau fixe. Survivre dans cet univers fantasmagorique est un sport extrême de l’esprit où l’on ne peut ignorer la discipline, qu’est la flatterie ou shmoozing. Le théorème de base du showbiz est: Soyez gentil avec les gens que vous croisez sur le chemin de la gloire, car, ce sont les mêmes que vous rencontrerez sur l’autoroute de l’oubli. Pratiquez-vous; on a jamais une seconde chance de faire une première impression (www.eagames.com/official/sims_superstar/).


